Chaque année il y a des milliers de jeunes garçons qui fuguent et tous ne sont pas retrouvés.
Que représente la fugue pour ces garçons?
-En premier c’est un signal d’alarme qui suit des dizaines de signaux d’alarme que vous n’aurez pas compris. Un garçon ne se lève pas un matin en se disant”je vais fuguer”.
Non. La fugue est avant tout un échec de l’échange enfants-parents, c’est un acte de désespoir, c’est un immense cri de colère et d’amour, c’est la concrétisation d’une solitude qui le rongeait.
Avant ses 10 ans il avait de fugaces envies de partir mais son développement psycho- effectif ne lui permettait de donner corps à ce projet. De plus avant 10 ans il n’était pas un “homme”et donc il ne pouvait accomplir des actes qui sont du ressort des hommes et plus on ira vers ses 12 ans et plus les risques d’une fugue de très longue durée seront grands.
Or on sait comment commence une fugue mais on ignore comment elle finit et malheureusement certaines se terminent très mal.
La fugue est toujours le témoignage d’un échec.
-Vous n’avez pas su le comprendre.
-C’est l’échec patent d’un système socio-éducatif complètement raté.
-C’est l’aveu d’une très grande souffrance que vous n’avez pas su voir. Car un gosse qui fugue est toujours un gosse en très grande souffrance.
De nos jours les parents ont trop tendance à considérer que parce que leur progéniture possède le dernier modèle en matière de gadget électronique ils ont fait leur boulot de parent mais c’est faux. Trop de cadeaux tuent les cadeaux car ils cachent un désert affectif et ce dont les garçons à cet âge et plus tard ont le plus besoin c’est de l’affection, de l’intérêt que les parents devraient leur porter, de redevenir le centre de leur avenir, de se sentir aimés.
Pourquoi les filles ne sont que très rarement concernées par les fugues? Tout simplement parce que leur affectif est comblé par la présence aimante de la mère et la protection du père. Depuis l’explosion des divorces, depuis que les fillettes ne sentent plus la présence rassurante du père( car un père de substitution ne remplacera jamais le vrai père)on assiste depuis deux dizaines d’années à des fugues de fille et ceci même si on peut l’expliquer est suffisamment grave pour attirer notre attention sur notre société et comment nous gérons des séparations dont les enfants semblent bien en payer le prix fort.
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