Le chômage est une épreuve redoutable mais vécue très différemment selon que l’on soit homme ou femme.
Pourquoi?
Historiquement l’homme est le pourvoyeur de la fratrie, celui qui protégeait, rassurait et faisait vivre femme et enfants. Ce rôle ancestral puisqu’il a débuté avec l’ arrivée des homo sapiens sapiens et qui existe aussi chez certains animaux fait partie des rôles partagés entre l’homme et la femme. Pour l’un le rôle du pater familias qui pourvoie et protège, pour l’autre l’harmonie du foyer avec son redoutable pouvoir de séduction.
Et ceci dure ainsi depuis plus de 9000 ans.
Et si l’on observe les enquêtes d’opinion ainsi que l’ordre des priorités des uns et des autres rien de fondamental n’a été modifié.
Cette vision complémentaire mais non superposée de leurs rôles respectifs dans la société génère des attitudes très dissemblables vis à vis du chômage.
Non que la femme ne soit pas profondément affectée par la perte de son emploi et de tout ce qu’il représente comme source de revenus dans le foyer et avec la multiplication des divorces le seul revenu souvent. Mais psychologiquement le chômage c’est le retour à une situation normative connue par mère, grand-mère et aïeules en tous genres. C’est le retour à sa situation de mère au foyer qui a de tous temps été son rôle principal. Cela changera peut-être mais avant que cela n’affecte les couches profondes de la psychologie féminine cela mettra des millénaires.
Une femme a toujours affaire dans sa maison qui est son lieu naturel de vie, ce qui n’est pas le cas de l’homme chez qui le logement est un lieu de repos après une journée de travail même si femme et homme travaillant le plus souvent l’homme se charge de plus en plus de tâches domestiques mais son lieu d’exercice d’activité naturelle reste le travail et pourvoir sa fratrie.
En 1989 a eu lieu la plus grande vague de licenciements de cadres supérieurs que la France ait jamais connue. Et bien en 3 ans 10% de ces cadres s’étaient suicidés. Et même si tous les hommes ne négocient pas de manière autant affreuse cette épreuve tous vivent le retour à la maison dans l’inactivité avec souffrance, déchirement, ne sachant quoi faire de leurs journées.
Le travail est le premier moyen de communication et d’affirmation de sa personnalité chez le mâle. C’est le stade majeur de son identification. Chez la femme le stade majeur de son identification c’est le foyer dans un rôle de femme et de mère.
Tous les deux souffrent du chômage mais chez l’un il s’agit d’une dépersonnalisation profonde tandis que chez l’autre c’est de l’argent en moins. La différence est de taille et combien d’hommes sombrent dans la boisson, dans la dépression, dans des drogues puissantes et destructrices à la suite du chômage tandis que ce même chômage n’a d’incidence chez la femme que par le biais d’une perte de revenus.
Mais cela engendre des problèmes matériels plus mal vécus chez l’homme dont la tâche de pourvoir n’ est pas remplie, ce qui le dévalorise à ses yeux et aux yeux de ceux qu’il aime et de la société. Et cela engendre parfois des pathologies souterraines très destructrices et bien des couples n’y résistent pas.
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